Eric Buhot

photo d'Eric Buhot en gros plan
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Actu publiée le 24/07/2017
Article Gazette
Portrait

Le FAR vous propose, dans La Gazette d'été # 19, une interview d'Eric Buhot. La voici en ligne, afin de vous permettre de la lire où que vous soyez.

Eric Buhot a passé une grande partie de sa vie à Rouen (76) en rêvant de vivre dans le Cotentin (50). Musicien amateur il s’implique auprès de l’équipe de l’EXO7 (salle mythique de Rouen des années 80 et 90) pour faire aboutir le projet de préfiguration d’une SMAC (finalement advenu avec la création du 106). Passionné de musique il s’investit pour son développement en région, notamment au sein de MKS Association dont il est le président.

 

De quel constat est parti le projet de l’association et quelle est sa vocation ?

Compte-tenu de l’absence de diffusion de musiques actuelles dans le Val de Saire (50), la quasi impossibilité d’y apprendre la musique, malgré la présence de musiciens, de techniciens, d’un luthier, d’un facteur de piano… Le projet initial était de proposer un évènement fédérateur mêlant concerts, forums, expos sur les arts et les métiers de la musique, quelque chose qui n’existait pas dans la région, et en mettant d’abord en avant les acteurs locaux. L’association a été créée pour porter ce projet. 
Le deuxième constat est plus général ; c’est celui de la richesse et de la qualité des groupes de musiques actuelles normands, insuffisamment reconnues du public, et de la difficulté pour ces bons groupes de trouver des lieux de diffusion, entre les grandes scènes qui leur sont le plus souvent inaccessibles et les bars de leur ville d’origine, dans lesquels ils jouent et rejouent devant le même public. 
MKS Association essaie d’apporter une réponse à son niveau : animer le Val de Saire sur le plan musical, participer à fédérer les acteurs des musiques actuelles du Nord Cotentin, faire connaitre les groupes normands et leur permettre de se développer en jouant sur des scènes pros face à des nouveaux publics.

 

Comment se répartissent ces activités tout au long de l’année ?

Le festival de septembre est l’élément majeur, il mobilise pas mal d’énergie toute l’année. On a aussi installé un deuxième évènement récurrent important en fin d’hiver à Quettehou (50), dédié aux musiques et danses folk trad, avec concerts, bals et stages. Nous organisons aussi quelques concerts tout au long de l’année dans différentes salles de petite jauge du Val de Saire, et dans d’autres genres musicaux, jazz, chanson. On donne des coups de main aux collectivités locales et associations qui nous le demandent.

 

A-t-il été simple de se faire une place aux côtés des autres évènements proposés sur le territoire ?

Oui, à partir du moment où on respecte ce que font les autres et où on essaie de collaborer et d’être complémentaires plutôt que concurrents. Par exemple, le champ de la musique classique est assez bien couvert sur notre territoire, MKS l’a donc abandonné. Pour les musiques actuelles on travaille maintenant en partenariat avec les Art’zimutés, le Circuit et ICI Cherbourg, pour harmoniser nos projets. On proposera ensemble à partir de cet automne un vrai accompagnement aux groupes du Cotentin, avec le lancement d’un nouveau tremplin. Nous allons bientôt communiquer à ce sujet. En procédant de cette façon tout le monde est gagnant, les artistes et le public, mais aussi les collectivités en charge des politiques culturelles.

 

Comment se construit la programmation musicale du festival ?

Je tiens à voir le maximum de groupes sur scène avant de les solliciter, donc beaucoup de concerts tout au long de l’année. Sinon je suis à l’affût sur les réseaux sociaux bien sûr. On commence aussi à être connus. Des groupes, quelques tourneurs et beaucoup de musiciens s’adressent désormais à nous directement pour jouer au festival. Je fais une première sélection en fin d’hiver que je fais écouter au bureau de l’association, puis on affine. Le principe c’est 100% de groupes normands, c’est notre marque, et venant si possible des cinq départements. Nous essayons d’avoir une diversité de styles musicaux, et un renouvellement chaque année. Ce doit être des groupes qui composent, qui ont une actualité (sortie d’album), des talents émergents, et des découvertes coup de cœur.  Le plus dur est le montage du budget qui reste une aventure difficile et décisive au moment de faire des choix. On tient à ce que le festival soit ouvert et gratuit, il faut donc trouver des aides, sur un territoire qui n’est pas très riche, c’est un vrai défi…

 

Quels projets restent à accomplir ?

Les projets engagés sont à faire vivre, à stabiliser et à développer, c’est-à-dire le festival, l’offre annuelle de concerts dans le Val de Saire et le nouveau parcours des groupes émergents du territoire. Ça passe par la reconnaissance et le soutien des nouvelles collectivités comme l’agglomération du Cotentin. Le projet de la création d’une école de musique dans le Val de Saire me tient toujours à cœur... J’aimerais aussi lancer un projet de dates régulières "transnormandes" : qu’une salle rouennaise ou havraise organise chaque année une soirée avec trois groupes du Cotentin, ou caennais ou saint-lois et qu’en retour le Circuit organise à Cherbourg une soirée avec une sélection de trois groupes rouennais, havrais ou ébroïciens, toujours avec l’idée d’aider au développement et à la promotion des groupes normands.  

Festival Musikensaire / les 1er et 2 septembre / Barfleur (50)

http://musikensaire.fr/