Le partenariat

Du partenariat de projet vers un partenariat pérenne

Pour que l’art et la culture rencontrent le public en dehors des lieux dédiés, de façon formalisée et avec des objectifs et des contenus, il faut qu’un partenariat soit contracté entre la structure culturelle et/ou artistique et la structure qui accueille le public. Les projets d’action culturelle se formalisent donc toujours sous forme de partenariat.

Qu’il s’agisse d’une structure d’enseignement (école, collège, lycée…), d’un établissement de santé (hôpital, centre de rééducation…), d’une structure médicosociale (institut médico-éducatif, maison d’accueil spécialisée…), d’un établissement pénitentiaire (maison d’arrêt, centre de détention…), d'un établissement social (foyer occupationnel pour adultes, foyer de jeunes travailleurs…), en résumé, tout établissement recevant du public peut accueillir un projet culturel et/ou artistique.

La recherche de partenariat se distingue de la recherche de financeurs. Il convient de s’engager ensemble dans la réflexion et dans la conception du projet, et pas uniquement dans le financement et la mise en œuvre.

Afin de mieux comprendre le partenariat, nous commencerons par poser une définition, que nous tenterons de rendre la plus adaptée au secteur culturel. Ensuite, nous traiterons de la nécessité de formaliser les projets sous forme de partenariat plutôt que sous d’autres formes de collaboration. Enfin, pour en assurer la réussite, nous aborderons les rôles et fonctions, engagements et implications qu’induit la notion de partenariat.

Étymologie et définition : pourquoi ce terme plutôt qu’un autre ?

Si l’on s’en tient à l’étymologie, le partenariat est « une action commune entre organismes différents dans un but déterminé ». Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales précise d’ailleurs de cette définition se retrouve « surtout dans le domaine des sciences de l'homme et de la société ». Le partenariat désigne bien une action commune, qui sous entend qu’elle est coportée. Il ne s’agit pas d’une relation, donneur d’ordre/exécutant ou client/prestataire. Les différents acteurs/partenaires déterminent et partagent une finalité. Ce but ou objectif commun pourra s’étoffer selon ce que chacune des parties sera en mesure d’évaluer. Une évaluation partagée sera indispensable pour formaliser l’engagement des parties jusqu’à la réalisation de l’action.

En résumé, le partenariat peut être défini de la façon suivante : action qui engage des parties ou organisations différentes, dans au moins un but commun, et sans lien de subordination.

De la nécessité de construire les projets sous forme partenariat

Afin de tisser des liens entre le secteur culturel et les autres secteurs, l’expertise et la compétence de chacun est nécessaire, pour la réussite du projet. Il est important d’engager l’ensemble des acteurs associés dès la conception du projet. Chaque partenaire s’engagera avec un rôle définit, propre à sa compétence reconnue et à son expertise. Dans le cadre par exemple d’un partenariat entre un établissement scolaire et une structure culturelle, le partenaire scolaire aura la compétence et l’expertise d’ordre pédagogique, et le partenaire culturel se positionnera sur les aspects culturels et/ou artistiques. Le maintien de chacun des partenaires dans les périmètres qui lui sont intrinsèquement liés est une garantie de bonne conduite du projet, et l'assurance de ne pas opérer un glissement vers la prestation ou la commande.

Il est important que chacun s’engage sur un périmètre défini et une durée précise. Dans le cadre d’une relation pluripartenariale, si une partie n’est engagée que sur une partie du projet, il est important que la temporalité de l’action soit posée et comprise par chacune des parties. De la conception à l’évaluation, l’ensemble des tâches nécessaires à la réalisation du projet doivent être prévues. Il peut être nécessaire de solliciter un autre partenaire, ou si la demande est déjà précise, faire appel à un prestataire pour se charger de réaliser la part manquante dans la réalisation du projet.

La relation partenariale permet donc la réalisation de projet et l’identification des ressources disponibles sur un territoire donné, tant pour le partenaire culturel (qui peut avoir pour mission de travailler régulièrement avec des scolaires, publics empêchés...) que pour l'autre partenaire (qui peut avoir besoin d’identifier une ressource complémentaire).

La réussite du partenariat : rôle, fonction, en engagement des parties

Le partenariat est le plus souvent conclu sous forme d’une convention. Elle est le document administratif qui engage chacune des parties. Au-delà de décrire le projet (ses objectifs, son contenu, le calendrier, les intervenants et leur fonction...), la convention de partenariat valide précisément les engagements de chaque partie. La lecture de la contention doit permettre de connaître précisément l’ensemble des tâches inhérentes au projet et de savoir à quel partenaire en revient la responsabilité.

La convention de partenariat est donc le document que l’ensemble des parties valident avant le démarrage du projet. Elle sert de référence en cas d’incompréhension ou de glissement dans la mise en œuvre du projet. Toutefois si un changement validé par l’ensemble des parties s’avère nécessaire, un avenant permet de valider une modification des engagements prévus par la convention.

Vous pouvez prolonger ce rapide tour d'horizon en lisant l'article « Les partenaires dans le domaine de l'éducation artistique et culturelle » sur le site du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.