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Focus Music-Box #19 : Couleur Terre

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Novembre 2021

 

Initialement prévue en octobre, puis en novembre, la tournée en Bosnie et en Serbie de Couleur Terre - qui a sorti en septembre son album « Avant les robots » - a finalement été reportée en 2022 pour cause de Covid. Cette interview a été réalisée courant septembre, date à laquelle la tournée était encore programmée. Couleur Terre sortira également un clip le 25 novembre.

 

Couleur Terre, c’est trois identités vocales et musicales pour une création commune aux reflets de chacun. Pouvez-vous en dire un peu plus sur vous, sur ce projet et sur sa genèse ?

Jean-Claude : Je suis un peu à l’origine du projet. Cette idée de nom de groupe, je l’avais, j’avais même un peu commencé à travailler avec deux autres personnes et on n’arrivait pas à avancer vraiment. Et puis ça fait longtemps que j’avais envie de travailler avec Miguel, on avait fait quelques concerts ensemble. Je l’ai appelé en lui expliquant ce que j’avais en tête. Et Miguel a aussitôt pensé à Jean-Richard. Ça a été très vite parce qu’ils m’ont dit oui presqu’aussitôt. On a commencé avec cette idée où chacun défend sa culture, la rencontre de ces trois cultures. A partir de là ça a été vraiment jubilatoire de faire des répétitions dans une petite salle à la maison avec très peu d’espace, dans la musique pure et dure. Avec la volonté de trouver comment on pouvait mélanger nos références musicales, comment on pouvait faire groover ça, cette musique afro-latino. Pendant le confinement, on travaillait tous les huit ou tous les quinze jours.

Miguel : Ce qui m’a intéressé, et Jean-Richard également, c’est de s’aventurer un peu dans ce mélange. Il y a quand même derrière, un sujet qui nous touche, l’environnement, l’écologie.

Jean-Richard : Les réalités actuelles en général.

Miguel : Tout ça avec une certaine légèreté parce qu’on n’est pas non plus des spécialistes de ce sujet.On est juste des gens qui se rendent compte qu’on peut fournir des petits efforts. On a décidé avec Jean-Richard de s’aventurer dans ce métissage musical et culturel. Jean-Claude est venu avec ses chansons en français avec une certaine rythmique au piano qui n’était pas celle que nous connaissions.

Jean-Richard : Ça nous disait quelque chose, ça nous a parlé. Toutes ces chansons nous ont parlé. Ça ramenait Miguel à son Venezuela et moi à mon Afrique. Et on adore ce mélange, lui naturellement comme moi. C’est pour ça qu’on s’est agrippés à Monsieur Meurisse (rires). Et ça a donné cette couleur de métissage. La musique c’est une forme de langage, mais chacun la ressent ou l’exprime à sa façon, mais on revient toujours sur le même point, la chaleur humaine. Parce que ce qu’on fait, ça nous procure de la chaleur humaine. Les gens à la fin des concerts nous disent : vous nous donnez du soleil, vous nous donnez envie de danser. 

Jean-Claude : Même nous on se l’est souvent dit en sortant de répétitions, on était énergisés. On se disait vivement qu’on se revoit car on avait trop la patate.

Jean-Richard : Ça me rappelle la première répétition qu’on a faite, parce qu’au bout de deux jours, on ne voulait plus partir. Et quand on est partis, on s’est appelés en se disant que c’était super et en se remerciant. C’était ça l’ambiance et c’est ce qu’on continue à véhiculer.

 

Le 17 septembre est sorti votre premier album « Avant les Robots » composé de huit morceaux dans lesquels les thèmes de la Nature, de l’environnement et des racines sont présents de manière constante. Quel est ou quels sont les messages de « Avant les Robots » ?

Jean-Claude : Le disque s’appelle « Avant les robots » et je me rappelle avoir appelé Miguel en lui précisant ce que je souhaitais, parler de cette bascule qui va arriver avec la robotique et son côté redoutable et violent pour l’être humain. Je me souvenais avoir été attrapé par des machinesqui m’avaient bloqué à Paris, j’étais parqué comme un animal et là je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’une joie, d’une légèreté qui pourrait être perdues. La musique représente cette époque de joie, et notre propos de fond est là.

Miguel : C’est vrai que ça s’est fait aussi de façon spontanée parce que quand on s’est croisés et que Jean-Claude m’a demandé si ça me disait de travailler ces chansons-là, je pensais à Jean-Richard pour qu’on tente un truc, mais sans penser que chacun pouvait apporter quelque chose de différent en allant vers des racines musicales, rythmiques et ancestrales, et que ça allait donner encore plus de poids au discours. Oui, aujourd’hui on est pas mal assistés par les machines, mais il ne faut jamais oublier le social qui est à la base de tout, ne pas oublier ce qui est organique. 

Jean-Claude : Je pense qu’on veut aussi faire passer le message de la sensorialité. On raconte cette histoire-là souvent : c’est parti du fait de marcher sur la terre pieds nus, de voir que dans certains pays comme en Afrique, au Venezuela, en Amérique latine, marcher pieds nus sur la terre, ça crée une autre relation aux autres. J’ai eu un vrai flash. Le fait de vivre comme ça, nous européens on l’a perdu pratiquement totalement. C’est vivre sans le goudron, et se direque dans des banlieues ou dans pas mal d’endroits, il y a des enfants qui n’ont aucune représentation du fait qu’ils sont sur la terre. Ils sont sans arrêt sur du goudron, des matières synthétiques. Pour nous c’était choquant d’une certaine façon et de l’autre côté rassurant de se dire que cette sensorialité à la terre nous réunit beaucoup. Après, les sujets de l’album, il y en a beaucoup…

Miguel : C’est pas mal revoir nos habitudes également, la façon dont nous voyons les choses et comment nous vivons. C’est vrai qu’on est de plus en plus dans une société d’accumulation et de performance. Mais c’est vrai qu’il faudrait faire une pause et revoir la façon dont nous voyons ça, comment nous vivons avec nos familles, nos rapports, les solidarités qui sont essentielles pour avoir une vie saine et vraiment être heureux. Vivre avec juste le nécessaire.

Jean-Richard : En pensant aussi à la saturation de la Terre. Surtout ça, parce qu’il y a une « évolution » qui sature beaucoup la planète, l’atmosphère et la société. Donc on véhicule ça aussi dans nos expressions et dans nos inspirations.

Jean-Claude : Je dirais même qu’il y a presque deux choses : des choses très pragmatiques, les animaux, le goudron, le plastique, des choses très concrètes. Et en même temps, on est en train de le découvrir avec le public, c’est que c’est un album et des concerts assez spirituels. C’est assez chargé de spiritualité.

Jean-Richard : Et d’émotion.

Jean-Claude : En tout cas c’est ce qu’on a essayé de mettre dedans. Je pense que les gens le reçoivent beaucoup, avec « Neuvième planète », avec « Bouger l’air » ou « Wangnani » … Donc on a quand même ces deux registres-là. Et puis toujours avec eux, les rythmiciens de fou, toujours dans la pulse. Au départ d’ailleurs on avait envie que ce soit un peu plus électro et ça l’est resté un peu.

 

Les compositions mêlent à la fois les sonorités occidentales, amérindiennes et africaines, que ce soit dans les textes ou dans la musique. Comment s’est réparti le travail de composition pour cet album ?

Jean-Claude : J’avais écrit à peu près une dizaine de chansons et on en a gardées six. Puis Miguel a apporté « A Muijaja » et Jean-Richard « Wangnani ». Mais je pense que c’est quelque chose qui va évoluer dans le deuxième album. On est en train d’évoluer là-dessus et même sur les chansons que j’ai écrites, on mélange beaucoup les langues. Donc à un moment la question de celui qui est à l’origine est moins fondamentale parce qu’après chacun met sa patte. Il y a un son de groupe à la fin.

Jean-Richard : C’est important aussi de dire aussi qu’une phrase commence bien quelque part. Cela a donc commencégrâce à Jean-Claude et ça exprime aussi son ouverture musicale. Ça je le souligne. C’est pour ça qu’on arrive à mélanger toutes ces sauces-là. Jean-Claude est quelqu’un aussi qui me rappelle un peu Bernard Lavilliers parce qu’il aime les voyages et il aime les rencontres. Donc pour moi et je le dis parce que Bernard Lavilliers est quelqu’un que j’adore, j’aime son côté naturel. Et donc quand je vois Jean-Claude, ça m’amène un petit peu vers lui. Merci à lui, car ce qu’on est en train de faire comme travail, seul un musicien ouvertpeut le faire et se retrouver au milieu de tout ce mélange.

Jean-Claude : Si on parle de ça, j’irai même plus loin et on se le dit souvent. Au-delà de la musique, Couleur Terre une expérience humaine très intéressante. On est tellement dans des clivages que je suis assez fier. On a ces difficultés, ce n’est jamais simple, mais la cohabitation, la coexistence de gens différents, je trouve qu’aujourd’hui c’est aussi un pari humain très intéressant. Je pense qu’on a aussi beaucoup de plaisir à travailler ça, et de temps en temps, on est comme tous les groupes, on a des conflits. Mais on arrive à dépasser ça, en tous les cas, on a du plaisir à l’expérimenter.

Miguel : C’était une des raisons pour lesquelles on a décidé de faire de la musique ensemble. On voulait apprendre des uns et des autres en passant du temps ensemble. 

Jean-Claude : J’apprends beaucoup de choses rythmiques avec eux. Ce sont des bestioles rythmiques et de comprendre les pulsations, comment ça va s’articuler avec mes parties piano, avec le chant, c’est assez passionnant. 

 

Parce que tu connaissais déjà ces musiques amérindiennes et africaines mais…

Jean-Claude : Oui quand même mais là c’est beaucoup plus précis, puis les jouer comme ça en trio… il faut que tout tourne, il faut quand même que ça marche. 

Miguel : On a pris le temps que Jean-Claude nous montre ses chansons au piano. Jean-Richard et moi on prenait vraiment le temps de trouver une rythmique qui puisse marcher.

Jean-Richard : Pas beaucoup de temps finalement parce que ça vient assez rapidement. Et après on décide là où on va mettre un peu de relief. C’est vraiment naturel.

Jean-Claude : C’est plutôt dans les choix que ça prend du temps, mais les propositions arrivent très vite. Aprèson prend du recul, on enregistre, on réécoute, il y a des choses qui bougent.

Jean-Richard : En répétition, lorsque Jean-Claude fait un truc sur son synthé, aussitôt Miguel et moi on suit. 

Jean-Claude : C’est vrai que ça va vite.

Jean-Richard : Donc la couleur elle est là et après on essaie de la moduler.

 

Donc il y a déjà d’autres morceaux qui existent déjà.

Jean-Claude : Oui, on a vraiment l’espoir de faire un deuxième album l’année prochaine. On a déjà pas mal de matière. On parle déjà de calendrier, il y a des nouvelles chansons qui sont arrivées. Après il ne faudrait pas qu’ils nous confinent à nouveau…encore que le confinement n’est pas une mauvaise chose pour les albums…

Jean-Richard : Il faut quand même dire que cet album on l’a fait pendant le confinement. Tout le travail on l’a fait pendant cette période parce qu’on ne s’est pas lâché une seconde malgré les restrictions. On avait notre attestation, on se retrouvait, on s’enfermait et on bossait trois ou quatre jours, on repartait puis on se revoyait. Et c’est comme ça que le disque est arrivé.

 

Après plusieurs concerts en France ces dernières semaines, vous allez entamer une tournée en Serbie et en Bosnie en octobre. Comment se sont passées ces premières dates ?

Jean-Claude : En juin et juillet on a eu pas mal de concerts : à Pont-Audemer, à Bréhal, Les Mascarets, le Forum pour la Paix, le FENO. Le concert à La Haye-Pesnel, c’était un petit clin d’œil parce qu’on a eu là-bas une rencontre avec le directeur de la salle, Bernard Antoine. Il nous a passé la salle pas mal de fois pour travailler. Et comme on a fait beaucoup de choses dans la Manche à une époque, on s’est dit qu’on devait y retourner parce que c’est un département qui nous va bien. On mange bien, on est assez isolés. On n’a pas de visites et on est concentrés.

Miguel : Fin octobre on va tourner dans les Balkans pour deux semaines de travail où on va faire des concerts et des ateliers également. C’est quelque chose qu’on aime bien faire tous les trois. On sent que ça fait partie aussi des projets qui permettent une approche différente et d’échanger autrement avec les gens.

Jean-Richard : Une façon de partager son art.

 

Et ce sont des ateliers pour quel public ?

Miguel : On en a déjà fait pour les migrants, pour les enfants, les adolescents dans les Instituts Français. 

Jean-Claude : C’est la troisième fois que cette tournée est reportée. On va être à Belgrade, à Niš, à Sarajevo et à Banja Luka. Ça va être bien, ce sont de belles salles.

Miguel : Et au mois de mars au Burundi. 

Jean-Claude : Oui on a signé pour le Burundi et on ira certainement au Congo et au Rwanda… ça va s’organiser. Pour le Burundi c’est déjà signé et on a déjà des contacts dans ces pays.

 

Et en Amérique Latine, il n’y a pas encore de dates ?

Miguel : On n’en a pas encore… mail il y en aura bientôt.

Jean-Claude : On en a vachement envie. J’y suis déjà beaucoup allé, Marie qui s’occupe de la production également, elle a vécu dix-huit ans là-bas. On a des contacts mais on attendait vraiment la sortie du Covid.

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Quelles sont les réactions du public à l’étranger et est-ce que ce sont les mêmes que celles que vous recevez en France ? Le fait de chanter en français…

Jean-Claude : J’ai chanté toute ma vie à l’étranger en Français et ce travail à l’étranger est très précis : en fait une chanson, ce n’est toujours qu’une idée et il faut qu’en quarante secondes durant l’inter-chanson tu dises que cette chanson-là est par exemple pour mon petit garçon qui a trois ans et qui peut-être à cette heure-là est en train de dormir à l’autre bout de la terre. Tu dis ça puis tu chantes ta chanson. Dans le monde entier l’amour filial est énorme, et donc si ta mélodie est touchante, tu vas bouleverser le monde. Si tu dis dans une de tes chansons « il y a du goudron sur toute la planète », c’est pareil. L’imaginaire des gens qui écoutent fonctionne sur les quelques idées que tu as données. Donc à l’étranger j’essaie d’apprendre des phrases et de les dire dans la langue, soit dans des langues que je connais comme l’espagnol ou l’anglais et quelquefois je prends une interprète qui donne juste l’idée en 10/20 secondes. Il faut que ce soit très court et après la compréhension des chansons fonctionne. C’est un travail très précis. Il ne faut pas se reposer que sur sa chanson.

 

Et c’est pareil en espagnol ou en béninois ?

Jean-Richard : Moi je parle en Fon ou en Yorouba, j’utilise ces deux patois sur l’album. Au Bénin je suis descendant d’une famille originaire du Nigéria. J’ai cette chance de porter cette culture-là. Dans le centre du Bénin, il y a beaucoup de Béninois qui sont venus pendant la guerre, qui ont fuit le Nigéria pour s’installer au Bénin. 

Miguel : Dans l’album, il y a aussi une chanson en espagnol et une chanson en warao qui est une langue ancestrale au Venezuela. 

 

Comment voyez-vous la place des musiques du monde dans les musiques actuelles ? Est-elle suffisamment reconnue ?

Jean-Claude : C’est une vraie bonne question. J’ai eu des discussions là-dessus et le terme « musiques du monde», c’est presque bizarre puisqu’on les appelle ainsi en s’excluant du monde quand on dit ça. Pendant longtemps c’étaient même presque les musiques ethniques. Les musiques du monde c’est peut-être finalement ce qu’on est en train de faire, c’est-à-dire des gens de trois continents qui inventent une musique ensemble. Je trouve que ça devrait presqu’être ça la musique du monde. Enfin c’est une possibilité.

Jean-Richard : Pour moi c’est ça la musique du monde. Quelqu’un comme Angélique Kidjo, qui vient de mon village, qui est du Bénin, quand tu l’entends depuis toujours chanter en béninois, en fon, en yorouba ou dans les langues du nord du Bénin, elle embellie toujours avec des sonorités occidentales. C’est de la musique du monde. Youssou N’Dour c’est pareil, il chante en wolof mail il embellie toujours avec des sons d’ici. J’ai tourné pendant longtemps avec Les Tambours de Brazza et tous les CD qu’on a sortis ensemble, quand tu vas à la FNAC, c’est dans le rayon musiques du monde que tu les trouves. Ali Fakar Touré ou Toumani Diabaté, c’est pareil. Donc la musique du monde, ça existe. Tous ces gens-là aujourd’hui, ils font énormément de festivals. J’habite à Coutances, et le festival Jazz sous les pommiers a programmé cette année par exemple Sam Mangwana qui est congolais. C’est un vieux chanteur congolais qui a eu du succès, nos parents ont dansé dessus. Il est passé dans plein de festivals.

Miguel : C’est vrai qu’il y a beaucoup de travail de la part des musiciens et des artistes, et bien sûr des programmateurs et des salles de spectacles. Il y a aussi du public qui s’intéresse, prêt à s’ouvrir un peu plus auprès des artistes qui font d’autres musiques que le rock ou l’électro. Aujourd’hui c’est important de transmettre d’autres messages qui viennent d’autres cultures. Il y a beaucoup de travail, mais on est certains qu’on est sur le bon chemin. 

Jean-Richard : La différence, c’est qu’il y a certains endroits dans le monde où il y a des festivals de musiques du monde. Et quand tu regardes dans ces festivals-là, il y a des groupes de jazz aussi qui embellissent leur musique avec quelques sonorités des Antilles ou d’Afrique. Du coup, ils figurent dans la programmation. L’ouverture par rapport aux musiques du monde, elle se fait beaucoup plus sur les festivals que dans les salles. Quand un programmateur de salle a été baigné dans la pop ou le rock, si tu regardes sa programmation, ce n’est que ça. Par contre, quand les programmateurs sont un peu plus ouverts, il y a un mélange de tout. 

Jean-Claude : C’est de la chanson-world.

Jean-Richard : C’est ça. Parce que Manu Dibango par exemple, a vécu toute sa vie ici, mais quand on l’écoute, il fait de l’afro world jazz, ce n’est pas directement classé comme du jazz. Il y a tous ces mélanges-là. Ce terme de musiques du monde pour moi, ça dit beaucoup et il y a des gens qui l’interprètent chacun à leur façon.

 

Pour parler encore de l’ouverture sur le monde, la pochette de l’album a elle aussi été créée par un artiste chilien je crois. 

Jean-Claude : Oui, c’est une belle histoire. C’est un artiste qu’on a rencontré à partir d’un tableau qu’on a vu et qui est un petit peu différent de la pochette, mais en tout cas il y avait une représentation de l’humanité qui pourrait devenir représentative de cette époque « avant les robots ». C’est peut-être un peu le bordel, mais qu’est-ce que c’est vivant, ils ont l’air de s’amuser, ils ont envie de danser. Et cet homme-là, il nous a beaucoup touchés. On a passé deux jours avec lui. Il a une vie incroyable parce qu’il a vécu sous Allende, puis sous Pinochet. Là-bas il était caricaturiste et sa femme était journaliste. Ils avaient trois enfants, ils ont été d’un courage incroyable. Et en même temps ce sont des gros déconneurs et on a trouvé qu’il y avait une résonnance avec ce qu’on faisait. On lui a demandé si ça l’intéressait de faire la pochette et il a dit oui.

Miguel : Et en plus, c’est vrai qu’il a une patte assez populaire. 

Jean-Claude : Oui, c’est un art populaire.

Miguel : On l’appelle ici l’art naïf je crois. Et nous on trouvait qu’il y avait quelque chose qui pouvait peut-être soutenir notre message. 

Jean-Claude : En tout cas c’est un grand bonhomme. Et il est musicien en plus. Il vit en France maintenant dans le sud, pas loin d’Avignon. 

 

Et donc, le deuxième album est déjà dans les têtes ?

Jean-Claude : Oui, il est dans les têtes, c’est sûr. Il faut qu’on prenne un peu de temps. Je pense qu’il faut qu’on écrive encore des chansons. Là on a fait une grosse sélection, pour nous donner une identité. On avait beaucoup plus de chansons. On a quand même réfléchi à donner une espèce d’identité. On aura le même travail à faire et ça va demander beaucoup de temps.
 

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